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CÉRÉMONIE DU 15 AOÛT 2020

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Le Maire, Jean-Marc CHIPON, accompagné de sa petite nièce en costume d’alsacienne. 

Voici le discours que notre Maire a lu lors de la célébration du 15 août 2020:

 

« Pourquoi, chaque année, se réunir, à Plaine, ici, dans cette nécropole ?

Nous le faisons d’abord pour commémorer la mémoire des soldats français, tombés au champ d’honneur, il y a maintenant plus d’un siècle, le 15 aout 1914, dans les combats qui ont fait rage sur le territoire de notre commune.

Nous le faisons aussi pour nous souvenir des destructions et des souffrances, mais aussi des héroïsmes qu’ont connu, à cette occasion, les habitants de notre commune, dont plusieurs d’entre nous aujourd’hui, sont les descendants directs.

Nous le faisons également pour rappeler, au présent, et dans les circonstances difficiles que connait notre pays, que l’élan patriotique qui a porté les soldats de 1914 est aujourd’hui bien vivant. C’est cet élan qui a permis, et qui permet à notre pays, d’affronter les difficultés de toute sorte qui l’assaillent.

Rappelons les évènements qui ont ponctué ce 15 aout 1914, et d’abord la bataille glorieuse qui a conduit les troupes françaises, et notamment le premier bataillon de chasseurs à pied, sous les ordres du Commandant Tabouis, à bousculer, puis prendre les positions ennemies, à Saint-Blaise la Roche, à Plaine, sur le plateau d’Almingoutte.

Le combat a été rude, meurtrier, et des centaines de braves y ont laissé la vie, des deux côtés. On ne compte pas les actes d’héroïsme, et plusieurs de ceux qui sont enterrés ici ont été un exemple glorieux pour leurs camarades. Pour ne citer qu’eux, le lieutenant RATON, les chasseurs NOEL et  PETTER, le chasseur BLANCHARD, qui protégea de son corps son officier. Le bataillon y gagnera sa première citation à l’ordre de l’armée et ses hommes une gloire bien méritée.

 

 
 Le 132ème régiment poméranien, qui s’est défendu vaillamment, y perdra, dans sa fuite, son drapeau, retrouvé, dans le foin de la ferme d’Almingoutte, par un chasseur dont le nom était prédestiné, le sergent FOULFOIN. Après de longues pérégrinations, passant par Paris, puis Berlin, ce drapeau, qui reviendrait à la France, et, peut-être, à notre commune, est aujourd’hui à Moscou, comme trophée de guerre des troupes russes vainqueurs des armées nazies.

 

D’où vient cette victoire éclatante des soldats français et, en premier lieu, des braves du premier bataillon ?

De leur expérience des combats ? Non, c’était leur premier engagement, leur première journée au feu.

De leur enthousiasme ? Certainement.

Ils ne montaient pas simplement au Front, ils allaient reprendre, avec leur sang, cette portion de terre française qui avait été volée puis annexée en 1870. C’est leur patriotisme, leur foi dans la France, qui leur a donné le courage d’affronter les mitrailleuses allemandes, et, au prix de lourdes pertes, mais aussi de beaucoup d’honneur, de libérer la commune de Plaine du joug de l’étranger.

 

Plaine a beaucoup souffert de cet assaut, c’est vrai. L’Eglise a été touchée, de nombreuses maisons ont brulé, avec leurs granges pleines des fruits, si nécessaire alors, de la récolte. Mais Plaine avait toujours résisté, en affirmant d’abord sa volonté de rester francophone, y compris au travers de l’un de ses dialectes, le welsch.

 

Et Plaine a continué de résister.

Lorsque, plusieurs jours plus tard, le village fut réoccupé provisoirement par les troupes allemandes, une habitante de Plaine, par sa ténacité et sa bravoure, a permis d’éviter le massacre prévisible de nombreux hommes de la commune, rassemblés dans l’Eglise, dont mon propre grand-père.

 

Que le nom de Madame Mathilde MARTIN soit associé à la gloire de ceux qui ont contribué à la libération de Plaine.

 

La commune, en tant que telle, s’est vue décerner la Croix de guerre. Nous en sommes fiers. Ceux qui reposent ici ont été fait citoyens d’honneur de notre commune par une décision du conseil municipal du 13 mai 1923. Ce n’est que justice.

 

Le courage, le patriotisme, l’amour de la France, de ceux qui se sont battus ici, et, en premier lieu,  celui des chasseurs du premier bataillon, ont traversé les décennies qui nous séparent de ce 15 aout 1914.

Ils sont un exemple qui nous inspire, en cette période de crise, où l’unité de la nation, l’indépendance nationale sont plus que jamais à l’ordre du jour, pour affronter les crises, sanitaires, économiques, sociales que notre pays traverse.

 

C’est pourquoi cette cérémonie, où les braves sont à l’honneur, est bien le lieu symbolique où se rejoignent le passé, le présent, et l’avenir de notre Patrie. »