Les anciens commerces à Plaine

Nous avons enquêté sur les commerces qui existaient à Plaine, il y a ….. déjà longtemps.

Notre village est composé de plusieurs hameaux : Plaine, Champenay, Diespach, Devant-Fouday, Poutay, le Bambois …. Nous avons interrogé les gens du village pour recueillir des informations.

Monsieur Holveck Paul et Madame Diebold Thérèse sont venus nous parler des commerces en classe. Monsieur Holveck est l’ancien secrétaire de mairie de Plaine, il a plus de 70 ans et a toujours habité dans notre village. Il nous a aidés à dresser une liste des commerces existant à Plaine au siècle dernier.

Madame Diebold tenait un épicerie à Poutay de 1966 à 1975.
Nous leur avons posé quelques questions.

¥ Comment se déplaçait-on pour faire les courses ? M. Holveck - Le plus souvent à pied et quelquefois en vélo. Les boulangers de Plaine faisaient la tournée trois fois par semaine avec une charrette attelée à un cheval. Il y avait aussi des dépôts de pain à Champenay dans les épiceries SPENGLER et ANTOINE. Les miches se vendaient au poids.

¥ Comment payait-on ? Quelle était la monnaie utilisée ? M. Holveck - Les gens payaient avec des francs et des centimes. Mais très souvent les commerçants faisaient crédit. Le boulanger ou l’épicier avait un carnet par famille et inscrivait les courses, les gens venaient payer à la fin du mois. Comme les gens avaient aussi un carnet avec les courses qu’ils avaient faites, il y avait rarement contestation et l’épicier offrait alors aux enfants un cornet de bonbons. Malheureusement, cela arrivait parfois, que le commerçant ne pouvait pas se faire rembourser. Il se débrouillait avec la famille qui avait des dettes pour récupérer un bout de terrain, de forêt ou une machine agricole au moment d’un héritage pour compenser sa perte.

¥ Quels étaient les achats d’une liste de courses « type » ? M. Holveck - On achetait du pain, du sucre, du sel, de l’huile, des pâtes, des fruits quelquefois, de la farine, mais aussi du pétrole pour les lampes. Beaucoup de ces choses s’achetaient en vrac. Le pétrole ou l’huile étaient pompés à partir de tonneaux de 200 litres. Le sel, la farine, le sucre s’achetaient au poids. En hiver, on achetait les harengs salés. L’électricité est arrivée à Plaine avant la guerre de 1914, mais beaucoup de personnes s’éclairaient encore avec des lampes à pétrole.

¥ Y avait-il des commerçants ambulants ? M. Holveck - Oui, un marchand de légumes de STEIGE passait dans le village avec sa charrette et son cheval, puis avec sa camionnette un peu plus tard. Il y avait aussi un ferrailleur qui ramassait le fer, les peaux de lapin, …

¥ Pouvait-on acheter toutes sortes de fruits comme de nos jours et tout le temps ? M. Holveck - Il y avait moins de fruits que maintenant et seulement en saison. Ma mère nous achetait une banane, une orange, des figues séchées et des cerises.

¥ Les commerçants partaient-ils en vacances ? M. Holveck - Ce n’était pas dans les habitudes des gens. Les commerces étaient ouverts tous les jours, même le dimanche, et beaucoup devaient s’occuper en plus de leur magasin des vaches, des cochons, des lapins et des poules et de leurs cultures de pommes de terre, de seigle ou de la fenaison. Il y avait du travail pour toute la famille et pendant tout l’été.

¥ Quelles étaient les heures d’ouverture des magasins ? M. Holveck - Généralement les magasins étaient ouverts de 7h00 du matin à 7h00 du soir.

¥ Pourquoi y avait-il autant de cafés et d’auberges dans chaque hameau ? M. Holveck - Il y avait beaucoup plus d’habitants que maintenant. Les hommes avaient l’habitude de boire « un petit canon » à la sortie de la messe pendant que les femmes allaient préparer le repas de midi.

¥ Comment devenait-on boulanger, épicier, …. ? M. Holveck - De père en fils ou dans la même famille. On ne passait pas par une école pour apprendre le métier.

¥ Où pouvait-on acheter les outils pour le jardin, les habits, les affaires de classe, … ? M. Holveck - Soit chez le forgeron du village ou la couturière pour les habits, sinon il fallait se déplacer dans les autres villages et parfois à Schirmeck.

¥ Y a-t-il des métiers disparus de nos jours ?
M. Holveck - Oui, le forgeron et, le sabotier.

¥ Que mangeait-on aux repas ? M. Holveck - A midi, on mangeait souvent de la soupe, des légumes du jardin et parfois un peu de lard.
Le soir, c’était un bol de lait, des pommes de terre à l’eau et de la salade. Le dimanche, on mangeait de la viande. Mais lors des fêtes, on se rattrapait. Il y avait toujours un pot-au-feu avec la soupe, la viande et les salades, puis un rôti de porc ou de bœuf, un lapin ou un poulet, le pâté en croûte et comme dessert le gâteau biscuit, des œufs à la neige et des tartes. Il fallait avoir un bon appétit.

¥ Les commerçants habitaient-ils dans leur boutique ?
M. Holveck - Oui. Le magasin faisait partie de leur maison d’habitation. A cette époque, toutes les maisons n’avaient pas encore l’eau courante, les gens puisaient l’eau d’un puits situé dans la cuisine à l’aide d’une pompe. La conduite d’eau date des années 1932.

¥ Pourquoi ces commerces ont-ils disparu ?
M. Holveck - Il n’y avait souvent personne pour reprendre la succession et les maisons se sont vendues.

A Champenay, Mélissa a interrogé sa voisine qui lui a parlé des carrières et de la vie dans le temps.
Claire Strasbach - Il y avait trois carrières qui employaient des gens du village mais aussi des Italiens et des Hongrois. Ils logeaient sur place et faisaient leurs courses dans le village. Les enfants allaient à l’école en sabots. Les bûcherons sciaient à la main et débardaient avec des bœufs. Le soir, les gens se retrouvaient pour discuter et jouer aux cartes.

Voici ces commerces par hameau :

  • boulangerie épicerie auberge – Poure Lucien (n°13)
  • auberge – Didio André (n°15)
  • café des trois cloches – Munier Hortense (n°38)
  • épicerie auberge – Grandadam Alphonse (n°51)
  • café – Bouillon Camille (n°84)
  • marchand ambulant (beurre et œufs) – Chipon Victorine
  • marchand ambulant (beurre et œufs) – Bataglia Joséphine

Champenay

  • épicerie boulangerie – Masson Alphonse (n°18)
  • auberge Au cheval blanc – Martin Marie (n°39)
  • café – Lhauner Clément (n°50)
  • café des Vosges – Colin Jules (n°105)
  • carrière Wenger et Petit
  • carrière Mathis Pierre
  • marchand ambulant (beurre et œufs) – Martin Adèle
  • marchand ambulant (beurre et œufs) – Vincent Victorine
  • marchand ambulant (semences) – Munier François

Poutay

  • auberge – Didio Edmond (n°8)
  • tissus mercerie – Charpentier Jeanne (n°19)
  • Coopérative de tissage et filature – Thorman Henri

Diespach Devant-Fouday

  • auberge – Rochel Clément
  • hôtel restaurant – Glaser Chrétien – (n°12)
  • tissage – Gimpel frères

Bambois

  • auberge – Neuhauser Albert

D’autres commerces se sont installés un peu plus tard :

Plaine

  • boulangerie épicerie auberge - GRANDADAM (n°51)
  • auberge La Ronsenière - WERNER (n°94)
  • articles ménagers quincaillerie – LEY (n°52)

Champenay

  • épicerie - SPENGLER (n°36)
  • épicerie auberge Au cheval Blanc – MAYET (n°39)

Poutay

  • épicerie - MATHIEU – STRICHER (n°7)
  • épicerie – DIEBOLD

Diespach

  • café de la promenade – FERRY – OEHLER (n°9)
  • café de Niargoutte - MULLER

Devant-Fouday

  • restaurant – café de la Poste – POGNON Paulette (n°10)
  • hôtel restaurant – GLASER – (chez Julien) (n°12)

Plaine

Mme Diebold. J’ai ouvert l’épicerie le 26 janvier 1966 à Poutay. Les ouvriers de l’usine textile venaient faire leurs achats pour leur casse-croûte. Elle était ouverte tous les jours de 7h30 à 19h00, et le dimanche matin. Les grossistes nous livraient les marchandises et mes enfants m’aidaient à les mettre dans les rayons. Je vendais également de la mercerie et de la soie. Le vendredi, les clients pouvaient acheter de la viande et du saucisson d’Epinal. Les légumes arrivaient de St Marguerite, à côté de St Dié. Le pain était livré au début par le boulanger de St Blaise-la-Roche, M. Foesser, puis par M. Grandadam de Plaine. Les gens étaient pauvres et beaucoup payaient à la fin du mois.

En même temps que notre commerce, nous nous occupions d’un élevage de poulets. Nous en vendions en moyenne 120 000 par an. Ils arrivaient à 1 jour, et nous les revendions à 21, 32 ou 49 jours.
Nous avons fermé l’épicerie en 1975 et nous avons arrêté l’élevage en 1995.

A la fermeture de l’usine textile, notre commerce n’était plus devenu rentable. A cette époque , les premiers supermarchés avaient fait leur apparition dans la Vallée de la Bruche. Comme ils vendaient moins chers que nous, les gens allaient faire leurs courses chez eux.

De nos jours, il ne reste plus que :

  • Boulangerie épicerie café - GRANDADAM Jean (n°51)
  • Auberge La Ronsenière - WERNER Georges (n°94)
  • Hôtel restaurant GLASER est devenu Hôtel restaurant Chez Julien - GOETZ Gérard (n°12)
  • Café de la promenade - OEHLER Dominique (n°9)

Reportage réalisé par les élèves de l’école de PLAINE